Nous sommes toutes et tous cyborgs. Si les figures de RoboCop ou de Terminator ne sont pas (encore?) à propos pour l’école, le fait que nombre de nos tâches cognitives soient prolongées par des technologies numériques montre que nous pensons avec nos outils. Ainsi, quelles implications cette figure du cyborg et la cognition étendue ont pour l’enseignement et apprentissage ?
Aujourd’hui, l’éducation numérique met de l’importance à la maîtrise des outils, soutenue par une compréhension de leurs fonctionnements (science informatique) et de leur gouvernance (médias). Penser la place des outils selon la théorie de la cognition étendue exige d’aller plus loin : permettre aux élèves de construire une confiance clarifiée dans les extensions techniques de leur cognition. Cette perspective est aujourd’hui urgente face à la généralisation des intelligences artificielles dans d’innombrables contextes de notre quotidien. Concrètement, la confiance que j’attribue à ma montre pour me donner l’heure est-elle la même que celle que j’attribue à un ChatBot/LLM pour m’aider à structurer ma pensée ? La figure du cyborg devient essentielle, pour débattre des missions de l’école et d’une didactique appliquée. Il s’agit de savoir comment enseigner un rapport construit et situé aux technologies numériques qui nous entourent.